Philippe Perrier

Philippe Perrier

Ancien journaliste littéraire, métis corso-greco-mayenais, taquineur de muses à ses heures perdues et actuellement stagiaire de la formation professionnelle "Grande Ecole du Numérique" Afpa/Aflokkat sur Ajaccio. Trois manuscrits achevés, deux en cours.

Il y a des auteurs, comme ça, à peine rencontrés, dont on se prend à rêver l'amitié éternelle. « La réincarnation n'existe pas. » enseigne le dogme catholique, qui, prudent, ne se prononce pas sur les romans potentiels qui pourraient surgir de certaines pages en feu. Celles des Martine Mairal / Marie de Gournay, au XVIe siècle, dont on escaladait quatre à quatre les escaliers ardus pour accéder au salon où l'on respirait si bien, où la langue française était si riche. Rapière au côté, l'espace d'un roman, on s'imaginait Vicomte, on s'inventait des bottes de cuir, on retenait qu'une Vénus peut être « anadyomène ».... Les Virginie Lloyd / Lily Brooks, dans un XXIe apparent, Far-West masqué (cherchez bien, les « vautours » planent), qui éveille en moi l'antique muletier, tromblon terrible, déjà sourdingue, plus chargé qu'un wagon de chemin de fer, parlant Sioux, Français et Corse, cherchant le « Grand Esprit » et méditant les Vendetta de ses ancêtres.

La Déesse Inconnue de la comm' littéraire a encore frappé. Un coup. Une balle. Un mort de rire ou respect. DIrect entre deux yeux. PAN ! C'est un train de devenir une habitude. Bientôt une mode ?

Je n'ai pas encore lu le premier roman de Virginie Lloyd. Et je ne le lirai pas tout de suite, même si, pour Noël, elle a la classe qui tue de décoiffer gratis et d'offrir son E-book.  Son premier... Sur son Facebook. Si l'idée du E-Book ne vous débecque pas, jetez-vous dessus y de suite, sans même continuer à lire mes déblarérations qui, au final, vous diront la même vous, jetez-vous y, plongeon direct et saut de l'ange, c'est a nuit pour, comme Ulysse avait envie de plonger au chant des sirènes, je viens de couper vos cordes, et d'appeler un chat un chat. Le bouquin, je ne sais pas. On verra. je suis patient, mais l'envie monte.

 

(En hommage à High'Rider, qui s'étonne avec humour sur Facebook, que je monte sur mes grands cheveaux pour un simple agneau à cagoule)

Vieux réflexe rôliste, HIghl'Rider, quasi conditionné : quand on voit arriver les goules... (les vrais savent...) ^^

Quand à la cagoule, elle doit, pour être orthodoxe, être tricotée main, par une grand-mère corse, au fond d'une vallée perdue où l'hypermarché ne règne pas, mais seulement la beauté de la brume et des sources. Pour être comique, elle doit se conformer au mode d'emploi de Pétillon ou Pido. Cf. L'Enquête corse, le film, qui a des défauts, mais pas le moment où Pido arrive avec sa cagoule... Hum... Spéciale... Trêve de gag, c'est vraiment compliqué, la Corse. Causons, sous le chêne.

mardi, 11 décembre 2018 21:23

NUIT DE DECEMBRE

(En réponse au défi poétique de Virginie Lloyd)

Assez pleuré

Le cul de Sand,

Assez mastur-

bé sur la lande,

Cheveux au vent

Que l'on me prête,

Moi le chouinard des romantiques.

Assez passé

Pour la chochotte,

Le larmoyant qu'il faut moucher,

Le p'tit poivrot académique.

C'est bien joli, faire le Grand :

« Moi, je m'exile pour la France.

Retenez-moi ou je respire ! »

C'est vrai, il a pleuré, Victor,

Des larmes parfois belles,

Parfois grandiloquentes :

Boursouflé d'être lui,

Il s'est pris pour Hugo.

« J'ai mal pricé mon swap et mon spiel a losé / J'ai été un peu long et j'aurais dû shorter... » Vous n'avez rien compris à ces deux alexandrins ? Je vous rassure tout de suite, moi non plus. Et il semble bien que personne ne puisse les comprendre... Je viens de relire D'un retournement l'autre, la comédie sérieuse sur la crise financière, en quatre actes et en alexandrins, de Frédéric Lordon, d'où sont extraits ces deux petits bijoux d'hermétisme grotesque et globish. Deux alexandrins... Il n'en faut pas plus à Lordon, redoutable, pour enfermer le discours du trader, qui ne dira rien d'autre. Je peux me tromper, bien entendu, mais, justement, j'aimerais avoir vos avis et contre-expertises sur sa pièce, parue en 2011 au Seuil, façon théâtre dans un fauteuil. Et ce, si possible, une fois n'est pas coutume, de manière assez urgente.

samedi, 01 décembre 2018 10:38

Un immense merci à Laurine Roux

Une immense sensation de calme est le premier roman de Laurine Roux. J'ai mis longtemps à l'ouvrir. Trop. Il m'avait pourtant été plus que vivement recommandé avant même qu'il ne soit couronné par le prix révélation de la SGDL. Cela peut sembler bizarre, d'avoir envie de parler d'un roman portant un tel titre juste le jour de l'« Acte III », dans un pays surexcité au possible. Pourtant, non seulement parce qu'il est très d'une très grande qualité littéraire, en soi, et, à mon avis, appelé à durer ; mais encore parce qu'il a des choses à nous dire, par contrepoint, dans l'actualité immédiate, il m'a paru intéressant de revenir dessus, malgré les lauriers déjà abondants de la presse, du net, des librairies et des médiathèques.

lundi, 19 novembre 2018 13:26

Le bonnet d'âne était en jaune.

Il y a d'abord la tristesse, bien-sûr. Le silence et le recueillement. Le sentiment de gâchis. Le temps de décence. Et je n'ai pas voulu publier tout de suite ici.

Mais ensuite, mais quand même, quelques questions, et une révolte, née d'un voyage en absurdie. Chez Jarry, ça m'aurait fait rire. Quoique. Je n'aime pas beaucoup Jarry. Je lui en veux d'exister et de révéler ce que parfois nous sommes. Aux Guignols de l'info, pour ceux qui les ont connus du temps de leur splendeur, oui, davantage. Je repense à la boîte à coucou de Johnny. La marionnette de Johnny faisait : « Ah que coucou ! » et la boîte répondait : « Coucou ! » Ça a fait rire la France pendant des années. Évidemment, je suis aussi compétent en finances publiques que la marionnette de Johnny, mais, plus ça va, plus j'ai l'impression désagréable que les finances publiques, c'est une boîte à coucou à la fois très simple et très compliquée. Très compliquée, parce qu'il faut passer des concours très difficiles, très longs, être très intelligent, gagner les élections, etc, pour la manipuler. Très simple, parce qu'à la fin, quand on a bien appuyé sur tous les boutons de la super calculette, on obtient toujours à peu près le même résultat : le fantôme de De Funès dans « La folie des grandeurs » s'échappe de la calculette tel le génie d'Aladin, mais, au lieu d'exaucer les vœux, proclame, comme d'habitude, grimaces inimitables comprises : « Les riches, c'est fait pour être très riches et les pauvres, très pauvres. » avant d'ajouter, éventuellement, « Les riches ne vont jamais en prison, ne passent pas par la case départ, mais reçoivent de nouveau 20 000 francs. » Quoiqu'à la fin, on se demande si ce n'est pas ça, les vœux. Et le comique de répétition lasse.

 

lundi, 05 novembre 2018 17:32

AMENDEMENT DUPUIS POUR ISABELLE STIBBE

Il était une fois un libraire futé,

Un rien las de jouer sans fin l'haltérophile

Empilant les cartons sans les lire, flouté

Dans son désir précis de savourer tranquille

Un bon bouquin, un bon café : sa vocation.

samedi, 25 août 2018 14:46

Renaissance

Il pourrait sembler seul, il est accompagné

D'un poète absolu : ce soir, il veut gagner !

On le croyait perdu, il revient en Espagne

Écrivant en français comme on joue en Allemagne

Surun orgue sacré, comme Bach, le meilleur !

On le croyait perdu : ce soir, il est des leurs.

samedi, 23 décembre 2017 20:22

La Dame Blanche et le Roi Nourrisson

Je paie une dette ce soir, et en creuse une autre. Pardon, Martine Mairal, je ne lirai finalement pas les Fragments d'un discours amoureux de Barthes, qui trônent pourtant sur mes étagères au rayon des usuels. Du moins pas cette année. Est-ce le traumatisme de la prépa ? Je maintiens que Barthes n'a pas volé La Septième fonction du langage. Défi : lire les Fragments et Le Degré zéro de l'écriture pour savoir, fin 2018, ce que j'en pense à mon âge. Ce soir, je voudrais vous parler de La Dame Blanche, signé Serge Micheli, qui est le tome 1 de la série Korsis, chez Corsica Comix. Corsica Comix, c'est la maison d'édition de l'excellent Fred Federzoni, le papa de Petru Santu, pour qui j'ai le plus grand respect. Seulement attention, ici, nous ne sommes plus du tout dans le gros gag qui fait rire les foules (art difficile !) La « Dame Blanche », c'est la mort en personne.

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