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mercredi, 16 septembre 2020 15:48

Le pardon en psychanalyse, en catholicisme, en terre de Vendetta

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Le vénérable Dominique Albini, artisan du pardon Le vénérable Dominique Albini, artisan du pardon omi

[Note de Philippe : Le pardon... Un sujet qui nous intéresse tous. Qui peut se vanter d'être si irréprochable qu'il n'en aura jamais besoin ? Mais aussi, qui peut se vanter que pardonner lui est facile ? Quelques Plumes accueille aujourd'hui avec une grande joie un beau texte du Père Jean-Pierre Bonnafoux, oblat de Marie Immaculée (omi), c'est-à-dire tout donné, tout offert à Marie, à qui j'ai déjà pu dire ici ma tendresse de croyant. Déclinant trois angles de réfléxion : la psychanalyse, le catholicisme, et le pardon en terre de Corse, plus souvent qu'à son tour ensanglantée par la Vendetta, le Père Bonnafoux, depuis la Corse, nous offre son regard précieux..]

 

« Le pardon ne change pas le passé, il élargit les horizons du futur »


 
La vie fraternelle ne va pas sans blessures, blessures infligées ou blessures reçues. Quand la blessure est profonde, comment peut-on la guérir ? La guérison ne peut venir que du pardon accordé et accueilli, mais cela n’est ni facile ni évident. Parfois, celui qui est blessé dit : « je ne pardonne pas tant que l’autre ne m’a pas demandé pardon ». Il se présente alors comme une victime qui attend, mais qui, en fait, rumine l’événement, entretient la rancune en lui et s’engage progressivement dans un processus de destruction de leur relation.
 
Pardonner n’est pas facile, car le passé fait mal, c'est pourquoi beaucoup disent « je ne peux pas pardonner parce que je ne peux pas oublier ». C’est vrai, on ne peut pas oublier. En effet, le passé continue à habiter pendant longtemps la mémoire. L’oubli n’est pas la condition du pardon. Le pardon, c’est une réconciliation par-delà l’offense. Avec le pardon, le passé n'est plus considéré comme un obstacle à la relation. Malgré ce qui s’est passé, malgré le mal que tu m'as fait, je poursuis la route avec toi et je te refais confiance.

 

LES ETAPES DU PARDON selon les psychanalystes.

Décider de ne plus souffrir

La première étape consiste à décider à ne plus souffrir, à sortir  de la violence subie. Quitte à prendre du champ et à mettre de la distance entre soi et le responsable de sa douleur. Pardonner à un agresseur n’empêche pas de porter plainte car, comme l’a écrit la philosophe Simone Weil, « on ne peut pardonner que ce que l’on peut punir ». La justice, rendue au nom de la société, objective la faute, reconnaît la blessure et désigne le coupable, mais seule la victime, si elle le souhaite, peut pardonner.


Reconnaître que la faute existe

Le passé ne s’efface pas. Inutile de chercher à oublier l’offense. Ce mécanisme de défense enfouit la souffrance, la haine et la rancœur quelque part dans l’inconscient, où leur force destructrice continue d’opérer avec encore plus de violence. Reconnaître l’agresseur comme coupable d’une faute, c’est d’abord une nécessité pour soi, pour vivre. Cela permet, précise la psychanalyste Gabrielle Rubin, de « retourner la culpabilité à l’agresseur et, ainsi, de renouer un lien avec soi-même ».


Exprimer sa colère

Pour pardonner, la victime doit en vouloir à son « bourreau », c’est-à-dire reconnaître sa propre souffrance et accepter qu’elle « sorte ». Agressivité, colère, voire haine sont utiles dans un premier temps. Elles sont signe de bonne santé psychique, signe que la victime n’est pas dans le déni et ne porte pas la faute de l’agresseur sur elle. Comme l’explique Gabrielle Rubin, « la haine est un sentiment très violent, que l’on ne peut pas faire disparaître. Si l’on n’est pas capable de la retourner contre son agresseur, on la dirige nécessairement contre soi », au risque de déclencher un processus d’autodestruction. Il est possible de faire un travail de détachement en soi : écrire dans un cahier tout ce qui nous anime, s’ouvrir à une personne de confiance ou encore consulter un psychothérapeute si la situation est trop douloureuse.


Cesser de se sentir coupable

La plupart des victimes se sentent paradoxalement coupables de ce qui leur est arrivé. Tenter de savoir quelle part de nous-même a été blessée va permettre de relativiser ce sentiment et la souffrance qui l’accompagne. Est-ce notre orgueil, notre réputation, notre honneur, notre intégrité physique ? Répondre à cette question peut aider à « se disculper, c’est-à-dire à reconnaître que sa responsabilité n’est pas engagée », précise la psychanalyste Nicole Fabre.


Comprendre celui/celle qui nous a blessé

Haine et ressentiment peuvent aider à survivre à une agression, mais à long terme, ils nous détruisent. Pour en sortir, il est utile d’essayer de se mettre dans la peau du coupable. Cela donne du sens à l’acte qui nous a fait mal, et dans une certaine mesure, le rend « acceptable ». Comprendre les motivations du coupable ne vise surtout pas à l’excuser, mais à reconnaître ses faiblesses. Le philosophe Paul Ricœur appelait ainsi à « ne pas limiter un homme à ses actes, aussi monstrueux soient-ils ».


Redevenir acteur de sa vie

Comment savoir si nous avons vraiment pardonné ? Lorsque nous ne ressentons plus ni colère ni rancœur à l’encontre de celui qui nous a fait souffrir, « lorsque tout sentiment de culpabilité pour ce qui s’est passé a disparu », ajoute Gabrielle Rubin, on peut considérer que l’on a pardonné. Un autre signe indubitable que le pardon a été accordé est, selon Nicole Fabre, « le passage à l’acte, qui conduit au retour de la mobilité dans sa vie ». Le pardon est souvent un acte libérateur dans lequel la douleur se dissout et qui permet à l’offensé de redevenir acteur de sa vie, de ne plus subir, voire même de revenir plus fort. Pour Nicole Fabre, « pardonner, c’est s’agrandir, c’est laisser en soi la place pour accueillir l’autre. Le vrai chemin de la libération, c’est de franchir le pas qui permet d’aller au-delà du pardon ».
 

*

LE PARDON DANS LA FOI CHRETIENNE


24EME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A


PREMIÈRE LECTURE
« Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis » (Si 27, 30 – 28, 7)


Lecture du livre de Ben Sira le Sage
Rancune et colère, voilà des choses abominables
où le pécheur est passé maître.
    Celui qui se venge
éprouvera la vengeance du Seigneur ;
celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés.
    Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ;
alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
    Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme,
comment peut-il demander à Dieu la guérison ?
    S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable,
comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ?
    Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ;
qui donc lui pardonnera ses péchés ?
    Pense à ton sort final et renonce à toute haine,
pense à ton déclin et à ta mort,
et demeure fidèle aux commandements.
    Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
pense à l’Alliance du Très-Haut
et sois indulgent pour qui ne sait pas.

    – Parole du Seigneur.


PSAUME
(Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12)
R/ Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour. (Ps 102, 8)

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !


Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.


Il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.


Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.


ÉVANGILE
« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)
Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.
    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
    Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon   
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur.

Au sens biblique, le terme pardonner revêt deux volets et contextes :

  • Une action divine ; le pardon de Dieu, à un ou des hommes. Dieu annule ou écarte un châtiment pour le péché. Il l'exprime soit par médiation d'un élu ordonné, soit par manifestation divine ;
  • Une action humaine de pardon. Des hommes se traitent avec un amour chrétien en se pardonnant leur fautes. Ils effacent alors les mauvais sentiments à l'égard de ceux qui les ont offensés (Mt 5, 43–45 ; 6, 12–15 ; Lc 17, 3–4).

Le pardon est très important dans le christianisme, mais est toujours mis au service du bien spirituel de la personne. Dans l'évangile, on voit souvent le Christ pardonner les péchés (Lc 7. 36-50 ). Il ne condamne pas la femme surprise en flagrant délit d'adultère en affirmant « que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre » (Jn 8. 3-11). Il s'exprime de manière imagée comme dans la parabole du fils prodigue (Lc 15. 11-32 ), qui est pardonné après son repentir. Jésus recommande à Pierre de pardonner non pas sept fois, mais 77 fois à celui qui se repent (ou 70 fois sept fois, selon la traduction — Mt 18. 21-22 ), c'est-à-dire à chaque fois. Souvent, Jésus guérit des infirmes et remet les péchés par la même occasion (Mt 9. 1-8 ).
Le pardon fait partie de la prière du Notre Père (« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés »), que Jésus a transmise aux hommes (Lc 11, 1-4, Mt 6, 9-13)1.
Il fait également partie de la profession de foi catholique, le credo :
« Je crois à la rémission des péchés » (symbole des Apôtres),
« Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés » (symbole de Nicée-Constantinople).
Le Christ a conféré aux apôtres le pouvoir divin de pardonner les péchés : « Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 22-23).
Dieu a lié le pardon des péchés à la foi et au baptême :
« Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Mc, 16, 15-16).
Le baptême est le premier et principal sacrement du pardon des péchés parce qu'il unit les chrétiens au Christ mort pour les péchés des hommes, ressuscité pour leur justification (Rm 4, 25).


Le Christ après sa résurrection a envoyé ses apôtres « annoncer à toutes les nations le repentir en son nom en vue de la rémission des péchés » (Lc 24, 47). Ainsi, « l'Église a reçu les clés du Royaume des cieux, afin que se fasse en elle la rémission des péchés par le sang du Christ et l'action du Saint-Esprit. C'est dans cette Église que l'âme revit, elle qui était morte par les péchés, afin de vivre avec le Christ, dont la grâce nous a sauvés

Pour les catholiques, les orthodoxes et les anglicans, le sacrement de pénitence et de réconciliation permet de se faire pardonner les péchés par Dieu, par l'intermédiaire du prêtre.

 

*

L’inverse du PARDON, c’est la VENDETTA.

La vendetta est définie par le Dictionnaire de l'Académie française (8e édition, 1932-1935) comme un « mot emprunté de l’italien [signifiant] haine, hostilité qui existe dans le bassin méditerranéen et dans les Balkans entre deux familles, et qui cause souvent des meurtres. ».
Le mot vendetta désigne dans les sociétés claniques de la région méditerranéenne, la vengeance d'un meurtre ou d'une simple offense qui implique par obligation de solidarité tous les parents et alliés jusqu'à un certain degré de parenté ou d'alliance
Le couple domination/résistance joue un rôle important dans le développement du phénomène de la vendetta. La domination doit être comprise au travers d'une structure familiale au sens large, qui porte le nom de clan ou de tribu, et qui réunit plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de personnes affiliées, redevables ou employées. Elles peuvent mobiliser de véritables bandes aptes à organiser la vengeance et à s'assurer de complicités pour échapper à une arrestation. Elles peuvent également décourager toute velléité d'intervention de la police par une fuite organisée, dans le maquis corse, par exemple.


La vendetta est également un outil de domination politique, que ce soit sur un village ou sur un territoire beaucoup plus étendu. L'objectif est toujours le même : éliminer l'adversaire, alimenter les motivations de la vendetta, pour permettre de souder le clan. Un des enjeux est le pouvoir sur le village au travers de la mairie. Mais la vendetta se nourrit également de la résistance à une domination politique. C'est le sentiment d'injustice, d'inégalité de traitement qui est bien souvent à l'origine du développement de cette forme de justice privée, de justice primitive. La Corse dominée par les Génois, puis par les Français a cultivé ce sentiment d'injustice et de résistance associées
Le facteur religieux ne permet pas de différencier ces comportements. Les îles (Corse, Sardaigne, Crète et Sicile) sont, quant à elles, de véritables foyers de vendettas. L'isolement insulaire, l'éloignement administratif par rapport à un gouvernement (Piémont pour la Sardaigne, Gênes, puis France pour la Corse, empire ottoman pour la Crète et le Magne) ont entretenu la vendetta .


Quand Maupassant s'écrie :


« Quelle terrible coutume que cette vendetta ?
- Que voulez-vous, on fait son devoir, lui répond-on. »


En Corse, la vendetta était soumise également à des règles :

  • Un véritable conseil de famille était réuni afin de décider si l'offense reçue pouvait donner lieu à vengeance,
  • La famille de l'offenseur était avertie avec une certaine solennité (Vardati, eiu mi vardu !)
  • La vengeance ne pouvait prendre la forme du vol,
  • Celui qui avait fait l'objet d'une vendetta devenait bandit d'honneur et prenait le maquis. Il était dans ce cas nourri et soutenu par le clan pour échapper à la loi.

Selon les pays des différences de comportement existent : en Albanie si quelqu'un doit un sang, il lui faut aller se cacher (art. 212 du code de Lek Dukagjin). L'assassin se promène la nuit et se cache dès le lever du jour.
En Corse, les hommes en situation de vendetta restaient également enfermés des mois et des années dans leurs maisons. Un certain niveau d'activité économique était maintenu sous leur responsabilité, mais ils ne sortaient qu'en prenant de nombreuses précautions, notamment pour travailler aux champs. Dehors on portait un fusil appuyé sur le bras gauche, à la façon des chasseurs prêts à tirer. On marchait l'œil et l'oreille aux aguets. Les paysans piochaient leurs champs avec le fusil posé sur le sillon, à leur côté. Le laboureur gardait le fusil en bandoulière, prêt à lâcher le manche de sa charrue pour faire le coup de feu.

*


Un acteur du pardon et la réconciliation : LE PERE ALBINI.


 Devenu Oblat de Marie Immaculée en 1824, LE PERE ALBINI  passe 3 ans à prêcher des missions paroissiales en Provence. Il remporte un grand « succès » dû à sa compétence et à son extraordinaire rayonnement spirituel. Déjà, on lui attribue de véritables miracles. En 1827, le voici professeur de séminaire, à Marseille. En même temps, il dirige la «Mission permanente» des Italiens.

 

En Corse :

En 1834,à la demande de Mgr CASANELLI D’ISTRIA, Mgr de Mazenod (fondateur des Oblats) envoie une équipe de professeurs pour ouvrir un grand séminaire en Corse et aussi pour prêcher les missions paroissiales dans toute l’île. Le père Albini arriva en octobre 1835, et fut nommé professeur de morale au séminaire. En 1836, le père Albini prêcha une mission à Moïta, la première mission prêchée en Corse depuis que saint Léonard de Port Maurice (1676-1751) l’eut fait sur l’île pour la dernière fois en 1747..
En 1836, l’évêque (originaire de Vico) rachète le couvent qui était « bien national» depuis la Révolution française. Il demande aux Oblats d’y venir. Mgr de Mazenod y envoie une équipe de missionnaires avec le Père Albini comme supérieur.

Tout en continuant des séries de cours de théologie au séminaire, il utilise tous ses temps de vacances à prêcher des missions: 12 en 2 ans et demi. C’était un « travail » intense: prédication, catéchisme, confessions interminables, pendant 3 à 4 semaines.
Installés au couvent fin juillet, les Pères Albini et Telmon commencent leur première mission à Moïta le 11 août 1836. Cette mission est couronnée par la plantation miraculeuse d’une croix de 10 mètres de haut. Au moment du levage, la croix bascule et va tomber sur la foule. Le Père Albini la touche de ses mains et la croix prend immédiatement sa place dans le trou prévu à cet effet.
Il opère de nombreuses réconciliations spectaculaires et plusieurs faits miraculeux dont parlent des témoins oculaires. Par exemple: plusieurs pèlerins ont été guéris à la croix de Moïta. A Ile-Rousse, une violente tempête est apaisée. A Albertacce, en regagnant le village à la nuit tombée, le Père et son compagnon lisent le bréviaire grâce à un halo de lumière qui les entoure...     
L’activité missionnaire du père Albini se rendit fameuse pour la solidité de la doctrine, pour son désir profond d’être compris par les gens, et par conséquent, pour l’emploi d’un langage simple et clair. De plus, grâce à sa personnalité, il devint connu pour sa capacité à réconcilier les querelles entre les familles et les clans vivant dans les régions qu’il évangélisait. Les conditions de vie de ces gens étaient loin d’être faciles
En novembre 1838, il tombe malade du typhus et le 20 mai 1839, à 7 heures du matin, il meurt, au couvent, dans la chambre transformée ensuite en chapelle de la communauté. Il n’a pas encore 49 ans. Mais, quelle plénitude de vie !

Auprès du Seigneur

Très vite se répand une réputation de sainteté. Son médecin proclame: «J’ai vu mourir un saint. Je lui dois ma conversion ».La disparition du père Albini fut ressentie comme une grave perte pour le peuple, qui pleura son décès et commença à le considérer comme un saint. Il devint connu comme “l’Apôtre de Corse”.

(Petite note très personnelle : la dernière mission que le Père ALBINI prêcha à OTA dans un conflit où était impliqué le grand-père de ma grand-mère maternelle née CECCALDI . Un de ses descendants a pu faire toute une étude précise des faits)

 



En Corse : depuis 1931, le cas des bandits corses et des bandits d'honneur a été réglé à la suite d'une véritable opération militaire qui a mobilisé plus de cinq cents hommes disposant d'un matériel lourd (automitrailleuses) ; les villages ont été passés au peigne fin grâce à des perquisitions et des confiscations d'armes. Cette opération permit l'arrestation des principaux bandits, morts ou vifs, et mit presque fin à la vague de banditisme en Corse.

 

Références

Lu 219 fois Dernière modification le samedi, 26 septembre 2020 19:52

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