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vendredi, 01 janvier 2021 14:58

2021 : année de la légèreté

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Quelques Plumes Quelques Plumes Marc Bourdeau

Que dire ? Que se souhaiter en ce début d’année où, hier soir, le plus sensé aura été d’espérer tout simplement une : « Bonne nuit » ?

2020, quelle gaffe ! J’avais largement, autour de moi, souhaité la « Bienvenue dans les nouvelles années folles ! » ; puis, moins largement et simplement aux rôlistes : « Bienvenue dans l’année du double critique ! » Moralité : comme dans les contes, il ne faut pas faire son malin avec les vœux. L’année folle, on l’a voulue, on l’a eue, jusqu’à la lie et il me semble bien que nous sommes plus d’un, aujourd’hui, à vouloir tourner la page.

 

Alors quoi ?

 

Certainement pas l’année de l’intelligence. Je n’en peux plus de tant d’intelligence autour de moi, de tant d’experts en cinq minutes pontifiant leurs raisonnements en kit. Je n’en peux plus d’une partie d’internet, Moloch toujours affamé que j’ai en partie nourri, boursouflé, infobèse, querelleur, où l’on finit par ne plus fréquenter que ses clones. Le net n’a pas été créé pour ça. Les pionniers à la Charpak, physiciens d’exception impatients de partager, eux, des découvertes réelles ayant nécessité un vrai travail, œuvraient entre pairs, dans une boîte de nuit conceptuelle privée. Il y a trop de monde sur internet à se croire intelligent aujourd’hui et si peu à vouloir apprendre d’autrui. On a flatté la vanité des gens en leur faisant croire qu’ils avaient tous quelque chose d’intelligent à dire avec un clavier, un micro ou une webcam. Beau résultat !

 

Certainement pas non plus l’année de la sagesse. D’abord, parce que la sagesse, chacun la voit à sa porte et que les évidences, quand on prend un peu de recul, ne sont pas universellement partagées. Allah n’a-t-il évidemment pas eu d’enfant (problème que l’on peut évacuer dans une note en bas de page) ou Dieu, au contraire, nous a-t-il donné son Fils, Verbe fait chair, exalté par saint Jean dans son prologue ? Descartes est-il parce qu’il pense, ou la vacuité nous enseigne-t-elle que, comme dans le premier Matrix, qu’il n’y a pas de cuillère, juste des variations du rien ? Qu’ils sont étroits et vaniteux, aussi, ces chemins de la sagesse, où tant de peine se donne pour, au fond, concerner si peu de monde !

 

Alors quoi ? Peut-être l’année de la légèreté.

 

Si « tout est vanité et poursuite de vent », on s’autorisera à être une plume emportée par le vent, pendant que l’oiseau de feu est déjà ailleurs, a déjà grandi. La chouette s’envole au crépuscule. Le phénix à l’aube. L’humanité oubliera les deux très vite. Un kitsch, un rien, puis la poussière. Alors, en attendant, ne pesons pas les uns sur les autres. Dans ce monde si anxiogène, où chaque jour semble fait pour nous rajouter du stress, de la pesanteur ; dans ce monde où les écoutilles de la culture se ferment et où l’air devient étouffant, soyons comme des plumes virevoltantes : si par ici une plume bouge, c’est qu’il doit y avoir du vent. Et s’il y a du vent, un endroit où respirer. Peut-être la promesse d’une nouvelle terre.

 

A celles et ceux pour qui l’année 2020 aura ressemblé, dans l’arrière-gorge, à un goût de cendre, Quelques Plumes souhaite dans cette année qui s’ouvre la légèreté des phénix. Continuer sans se laisser enfermer par le passé, fût-il horrible ou idéalisé. S’envoler sans trop penser au futur : le vent se suffit à lui-même et n’a pas besoin de la plume. Mais il est généreux comme l’air qui donne la vie à autrui : la plume, il veut bien la porter, comme un alizé sa frégate, une mère son enfant. La plume qui ajoute quelque chose au vent car elle le rend visible.

 

Pace è salute à tutti !

Lu 95 fois Dernière modification le vendredi, 08 janvier 2021 09:52
Philippe Perrier

Ancien journaliste littéraire pour Auteurs.net, Lire, L'Express, La Revue des Deux Mondes et RCF Corsica, métis corso-greco-mayennais, écrivain momentané. Co-auteur de "Cargèse autrefois ..." et "Cargèse autrefois... II" (Lacour), ainsi que d'"Ortelin, ficus bavard" (Leanpub).

Président Co-fondateur de quelquesplumes.info

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