×

Annonce

EU e-Privacy Directive

This website uses cookies to manage authentication, navigation, and other functions. By using our website, you agree that we can place these types of cookies on your device.

View Privacy Policy

View e-Privacy Directive Documents

View GDPR Documents

You have declined cookies. This decision can be reversed.

lundi, 14 mars 2022 14:47

Sidéré, telles de grandes oreilles sous les phares

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Ethnozootechnie Ethnozootechnie gallica.bnf.fr / BnF

A trop écouter le monde, on finit par avoir les oreilles qui poussent. Comme un âne, ou plutôt comme un lapin. Sidéré. Tel un lapin sur les autoroutes de l'info, ce blog est resté de longues semaines, et maintenant quelques mois, sidéré. Sous peine de finir écrasé, il est temps d'essayer de redevenir phénix, de bondir et, on l'espère, s'envoler de nouveau.

Sidéré par la guerre en Ukraine, évidemment. Crétin de moi, j'ai pourtant depuis 2016 dans mes étagères mon exemplaire dédicacé de Poutine, l'itinéraire secret, signé Vladimir Fédorovski, ancien diplomate d'origine russe, qui a suivi et contribué au plus haut niveau à la fin de la guerre froide. En 2016, déjà, Fédorovski, qui nous avait offert une remarquable et si chaleureuse conférence à Ajaccio, ouvrait sa quatrième de couverture sur : « Qui est Vladimir Poutine ? Un tsar autoritaire ? Un James Bond manipulateur formé au sein des services secrets qui met en danger la paix internationale ? Ou bien au contraire un dirigeant clairvoyant, antithèse du politiquement correct, qui défend les intérêts de son propre pays et l'équilibre dans le monde ? Quelle est sa véritable ambition autour de l'Ukraine ? » Bingo pour la question. Pan sur le phénix, façon les « Pan sur le bec » du Canard enchaîné, pour ne pas m'y être intéressé plus tôt. Fédorovski sort le 24 mars un Poutine et l'Ukraine, les faces cachées. Cette fois-ci, promis, je lirai les deux très vite et en rendrai compte, en néophyte en la matière, évidemment. Je n'ai pas joué au virologue de comptoir pour la Covid, j'aurais trouvé ça odieux. Je me suis contenté de suivre les conseils de soignants corses que je connais depuis des années et en qui j'ai confiance. Fédorovski étant de mère russe et de père ukrainien, donc deux fois écartelé par ce qui se passe, homme de paix, ce qui me semble capital, j'ai envie de lui faire confiance, au moins pour une introduction documentée à la question. Que peut un tout petit blog perdu au fond du net comme Quelques Plumes pour la paix ? La part du petit phénix, comme celle du colibri dans le célèbre apologue. Hokuto No Ken le Survivant, c'est un anime mythique et un avertissement, pas un avenir enviable. Nous risquons la catastrophe nucléaire. Ergo, aucun effort pour la paix ne peut être considéré comme petit.

 

Sidéré par la présidentielle française qui aura lieu dans trois secondes et demie et qui semble déjà pliée. Pile je gagne, face tu perds. Carré. Plié. Macron, le président français, (qui est à 326% d'intentions de vote dans les sondages et plus il contreperforme et plus il est monte), Macron donc, qui condescend à se répondre en public (trié sur le volet) aux questions qu'il s'est lui-même posé (trop aimable), ne débattra avec aucun autre candidat avant le second tour : ce n'est pas la tradition des présidents de la Ve République. Comme quoi on peut être disruptif quand ça vous arrange et traditionnel quand ça vous arrange aussi : vouloir le beurre, l'argent du beurre, et le sourire des électeurs, invités à dire merci. Vu l'effet moutonnier des sondages autoréalisateurs, le président passera le premier tour. Qui en face ? Macron - Le Pen ? Bis repetita ? Macron passe. Même si, comme titrait le Canard dans un euphémisme, Marine Le Pen : « On nous l'a beaucoup changée. ». Macron – Zemmour ? Haro sur l'extrême droite clivante ? Macron passe. Macron – Mélenchon ? Haro sur l'extrême gauche clivante ? Macron passe. Macron – Pécresse ? A ce niveau d'incompétence oratoire, il n'en fera qu'une bouchée. Le reste semble trop loin pour l'instant pour passer le premier tour. La preuve ? Ils n'intéressent pas les comiques belges. Gamin, comme nombre de Français, je me bidonnais sur les blagues que les Français font sur les Belges (sans doute n'avais-je pas encore le niveau intellectuel pour comprendre les blagues que les Belges font sur les Français...) Ado, j'ai compati sur le sort de Baudelaire, qui haïssait la Belgique. Adulte, je m'enorgueillis de mes amitiés en Belgique, de leur sympathie et de leur humour. Regardez donc à quelle sauce ils nous mangent, ces Belges. Tout y est : les quatre cents ans de la naissance de Molière, les favoris des sondages, l'esprit Guignols de l'Info tout le monde en prend pour son grade que nous avons perdu. Merci Le Grand Cactus ! Et quand on voudrait en pleurer, ils nous font en rire. Très honnêtement, je n'ai pas encore décidé quel opposant de Macron, un favori des sondages ou un probable coup d'épée dans l'eau, aura ma voix. Pourtant, j'ai été sage, j'ai acheté des livres de candidats (pas tous) et de la presse. Dites-moi en commentaire si vous en voulez la lecture. Par exemple, Jean Lassalle, complètement écrasé par les sondages, donc avec un espace médiatique ridicule. Par exemple encore, un match (j'ai les deux à la maison) : Challenges contre Fakir : Macron, « pourquoi tant de haine ? » VS « Le livre noir de la macronie ». C'est aussi votre blog, donc, n'hésitez pas. En passant, je change légèrement la ligne éditoriale du blog et du salon Discord qui en dépend. La politique est un sujet de dispute. Mais ne pas en parler, cela revient à pire. Tant que c'est fait entre gens bien élevés, ça me va. Mais gare au troll videur du bar virtuel si cela dégénère en garderie ou en dispute de maternelle. Il a deux bras, très gros, et ses bannissements peuvent être définitifs.

 

Sidéré par ce qui se passe en Corse en ce moment. J'en ai déjà beaucoup parlé sur mon Facebook, qui est entièrement public et auquel je vous renvoie, je n'y reviens donc pas trop ici pour l'instant. J'ai pas mal de Corse-Matin (le seul quotidien de l’île) en retard, moi qui me contente d'habitude du Corse-Machin (sic), sa parodie grinçante sur Facebook, et de France 3 Corse Via Stella, la télé régionale, sans même prendre toujours le temps (crétin de moi, cf. supra) d'écouter régulièrement RCF Corsica, la radio chrétienne, qui est partenaire du blog, où j'ai fait un passage et où il y a des gens merveilleux. Pour ceux qui n'auraient pas et ne voudraient pas avoir Facebook, je pense en somme que c'est une histoire d'étincelle et de baril de poudre (Coucou Antoine Altieri qui emploie la métaphore pour l'Ukraine, mais ça marche aussi pour la Corse). L'étincelle, c'est une histoire de prison : l'agression barbare d'Yvan Colonna, l'ex homme le plus recherché de France, par un détenu djihadiste, apparemment avec un dossier psy et un joli palmarès d'incidents en prison. Pourtant, ce n'est pas « Arabi Fora ! » (les Arabes dehors !) que l'on entend en Corse en ce moment (on l'entend parfois en d'autres circonstances). Pourtant, aux dernières nouvelles, les musulmans en Corse n'ont pas été inquiétés pour ça. Non, le slogan phare, c'est : « Statu Francese Assassinu ! » (État français assassin). Entendez : si Colonna avait été rapproché en Corse, comme c'était son droit et comme c'était la revendication unanime des représentants et élus amis de l'île depuis des années, l'agression qui l'a laissé entre la vie et la mort n'aurait pas eu lieu. Mais ça, ce n'est que l'étincelle. La poudre, c'est toute la poussière que Paris a consciencieusement mise sous le tapis depuis des années et qui a fini par fermenter de manière explosive : les revendications nationalistes corses, validées encore, encore, et encore par les urnes, de manière incontestée. Ne jamais oublier, pour qui veut la comprendre, que la Corse fut jadis une nation, que les Corses ont le sens de la justice chevillé au corps, et que, comme il est écrit dans Astérix en Corse, ils sont fiers et susceptibles. A traiter la démocratie comme de la poussière sale, ici, on a vexé beaucoup de monde... et ce qui aurait pu se passer dans le calme se passe aujourd'hui dans la violence. Dernier bilan rien qu'hier : 67 blessés dont 48 forces de l'ordre.

 

Sidéré, enfin, par les talents autour de moi et les projets en attente, façon âne de Buridan (encore les oreilles, cf. supra). Dois-je commencer par la thèse, qui m'intimide un peu (depuis quand ai-je le niveau pour lire une thèse en histoire du droit ? Oo ?) de mon ami et ex camarade de prépa, Raphaël Fournier sur De la hiérarchie à la souveraineté, rangs, préséances et constitution de Louis XIII à la Régence ? Il faudrait peut-être, cela fait des mois maintenant que cela attend. Dois-je vous reparler d'Orchia d'Orio, virtuose du piano et de l'orgue, compositrice inspirée et jardinière bucolique qui a déjà fait un cameo sur ce blog ? Elle dont le piano m'a déjà fait pleurer d'émotion et les grandes orgues qui dépotent sourire d'aise ? Il faudrait, et si possible plus dans l'ordre de la création que dans celui du commentaire. Je me le promets depuis des mois. Dois-je vous parler au plus vite de Ladies with guns, que j'ai pourtant acheté, la nouvelle BD avec Anlor, dont j'ai suivi le début de carrière, au dessin, et Olivier Bocquet (que je ne connais pas) au scénario ? J'ai taquiné plusieurs fois Virginie Lloyd, dont j'apprécie beaucoup la plume tantôt déjantée, tantôt si sensible, sur le formidable western qu'elle aurait pu signer... et j'ai l'intuition que ce western, c'est Anlor qui me le vend, que j'achète et que je ne lis pas. Forcément, je m'en veux : j'ai vu passer des cases et des planches sur Facebook, cela a l'air de première force. Mais ai-je envie d'encore plus de « guns » dans ma vie ces temps-ci ? Ai-je l'esprit assez dégagé pour faire jouer à Itras By, comme je vous l'ai promis ? Pour jouer à Tenga ou Judge Dreed, autre dossiers en cours ? Par lequel des livres que les amis ou la famille me prêtent ou m'offrent commencer ? Quand caser le match Métal Hurlant VS Nouvelle Equipe Française (coucou Magali Barthes Barbero, j'ai les deux publications dans mes étagères) sur le thème de notre futur ? Que devient Laurent Galandon ? A-t-il persévéré sur l'héroïsme ordinaire ? Les théories de la Spirale Dynamique et celles de l'énnéagramme peuvent-elles m'éclairer pour la présidentielle et les comportements des individus et des foules en ces temps troublés ? Laurine Roux et de trois titres prophétiques est-il aussi bon que les deux premiers (Une immense sensation de calme et Le Sanctuaire) ? La montagne guyanaise de mon pote Francis Mizio accouchera-t-elle d'une merveille, six ou sept ans de travail pour quelque chose de fou, de total, qui transcende ses polars humoristiques... ou d'un ratage illisible ? Un rêve impossible force le respect. Francis a rêvé fort ce livre, et je suis aussi impatient de le lire que lui de connaître le retour de ses lecteurs. Mais quand ? Dois-je commencer mon strike autour du Roi Lear (j'ai à disposition quasi tout ce qu'il me faut, entre la pièce en bilingue, Ran, de Kurosawa, Fou ! De Christopher Moore, etc) ? En parlant de fou, dois-je, car là aussi la moutarde commence à me monter au nez, essayer de moucher ceux qui, manifestement moins informés que moi de la réalité de la psychiatrie (on a les malheurs qu'on peut), disqualifient Poutine comme « fou » et « zou » d'une onomatopée, tout dialogue est impossible ? On pourrait contrargumenter par l'absurde (et quand bien même il le serait ?) : relire Gladis Swain (Dialogue avec l'insensé) et Henri Grivois (Le fou et le mouvement du monde), sur l'urgence absolue de parler le plus tôt possible avec les fous. Et rappeler au passage la devise de Grivois : « N'est pas fou qui veut. » qui, au moins ouvre le débat ? Vais-je enfin terminer Les Fleurs du Mal, si belles et cravatées que j'ai l'impression que la fin du livre sera ma propre pendaison ? Terminer enfin l'Assimil corse, dont je connais désormais les premières leçons par cœur, à force de toujours reprendre à zéro ? Et que dire des manuscrits non encore édités, des fleurs secrètes qui sont soumises à mon regard, et à mon nez ? Et qui attendent ? De la Bible, que je n'ai toujours pas lue in extenso, contrairement au Coran (uniquement en traduction française) ? Du rapport de la Ciase révélé le 5 octobre dernier, qui m'a laissé KO debout, et que je me suis promis de lire en entier, objections et contre-objections comprises (bon courage !) ? De Chesterton, CS Lewis, Tolkien, Irène Fernandez et Thérèse de Lisieux qui attendent depuis l'éternité possible ? Des nouvelles de mon ficus qui parle que je n'ai pas la force de donner pour l'instant : le cadre a explosé, tout juste si le monde n'a-t-il pas explosé... ?

 

Bref, et ce sera la conclusion de cette plume déjà longue, j'en viens à donner tort au souvenir de ma  chouette prof de philo, en prépa, qui jugeait dérisoire l'idée de Descartes dans sa méthode, de : « Faire des listes, pour ne rien oublier. » Dans cette plume déjà trop longue, j'ai certainement oublié beaucoup de choses et beaucoup de monde. Que celui qui n'a jamais bu l'eau du Léthé me jette la première pierre. Au moins vous aurai-je proposé aujourd'hui, comme un plan, une invitation au dialogue et aux commentaires. A vos claviers !

 


L'illustration du lapin provient du fond d'images du domaine public disponible sur Gallica, à la Bibliothèque nationale de France. gallica.bnf.fr


Version 1.2

Lu 263 fois Dernière modification le mardi, 15 mars 2022 16:12
Philippe Perrier

Ancien journaliste littéraire pour Auteurs.net, Lire, L'Express, La Revue des Deux Mondes et RCF Corsica, métis corso-greco-mayennais, écrivain momentané. Co-auteur de "Cargèse autrefois ..." et "Cargèse autrefois... II" (Lacour), ainsi que d'"Ortelin, ficus bavard" (Leanpub).

Président Co-fondateur de quelquesplumes.info

https://www.quelquesplumes.info

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Raphaël Fournier lundi, 14 mars 2022 23:54 Posté par Raphaël Fournier

    Pour le Roi Lear, et en ces temps où nos regards se tournent vers l'Est (pas de clin d'oeil à Tolkien en ceci), je me permets amicalement d'allonger cette liste. L'adaptation cinématographique russe bouleversante de Grigori Kozintsev dans une copie restaurée magnifique (option sous-titres français parfaitement valide et étonnamment aboutie) : https://www.youtube.com/watch?v=RDOm18j4dE0
    J'interprète désormais l'apophtegme de notre maître de philosophie sur les listes de cette façon : ce n'est pas matière à équation, à comptabilité, c'est une image de ce que l'on doit faire, une direction, une tension. A partir de là, on peut l'allonger sans crainte d'en trahir la lettre et même, à la rigueur, plus on vise juste, petit, moins on en fait.

Laissez un commentaire