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mardi, 15 mars 2022 15:57

Écrire la lumière cargésienne

Temps suspendu. Au bord de l'eau, il neige. C'était en 1985. C'est sûr qu'à Cargèse, village corso-grec à environ 50 km au nord d'Ajaccio, on ne voit pas ça souvent. Photographie : étymologiquement, écriture de la lumière. Est-ce son prénom, Lucie (de lux, lucis, en latin : la lumière), qui a secrètement déterminé la vocation de photographe de ma mère ? Toujours est-il qu'elle a tenu pendant près de trente-cinq ans, si ce n'est pas quarante, sa petite photo-librairie de village. Après avoir publié une plaquette touristique en quatre langues, et, avec votre serviteur, les deux petits Cargèse Autrefois..., elle rêve depuis des années du beau livre que le village mérite. Seulement, c'est compliqué...

Publié dans Livres

Bénie soit Noëlle Casabianca, qui a su retrouver, sans doute au fond de vieux tiroirs, une telle photo de mon adolescence. Elle en est l'auteur : admirez donc le coup d’œil et la composition. Quand exactement a-t-elle été prise ? Je ne le sais pas, mais elle éveille en moi tant d'émotions que je ne peux pas, aujourd'hui, ne pas vous en faire part. La scène a manifestement lieu un lundi de Pâques à Cargèse, sommet de l'année liturgique pour les Cargésiens, chantant leur « Christos Anesti !!! » : le Christ est ressuscité des morts et par la mort, il a vaincu la mort. L'exaltation du village est à son comble.   

Publié dans Divers
mardi, 19 février 2019 21:54

SOUS L'OMBRE DE MON TOIT

Je me souviens d'un géant aux cheveux de neige, aux yeux azur, et, vers la fin de sa vie, au village, s'appuyant sur un bâton de marche dans chaque main tellement le corps lui faisait défaut, lui dont le cerveau avait été reconnu parmi les plus étincelants de la planète. D'où, peut-être, la couleur des cheveux, la pureté de ses yeux, le besoin absolu de trouver un havre où reposer le corps.

Ici, à Cargèse, Georges Charpak, car c'est bien de lui dont je parle, ne payait rien. Entendez, il payait son pain, comme tout le monde. Ses livres, ses cartes postales et ses développements photos, chez ma mère, comme tout le monde ; sa viande chez Madeleine, etc, mais le village, me semble-t-il mettait un point d'honneur à ne pas lui faire payer sa célébrité, ni son Nobel, ni, bien entendu sa judéité. Pour cela, je crois qu'il nous aimait bien et fut réellement touché du titre tout symbolique de « Cargésien d'honneur » que la mairie lui décerna après le Nobel. Qui du maire qu'il dépassait d'une tête ou du Nobel ému aux larmes se sentait le plus honoré ? Bien difficile à dire.... Charpak venait à nos messes byzantines. Cela ne semblait pas le déranger de voir un village célébrer un Dieu «  saint », « fort » et « immortel », de nous en voir implorer Sa pitié le long de nos interminables doxologies.

Un Nobel déambulant, comme les autres, parmi les autres, donnant à chacun un Nobel par procuration qu'il savourait modestement, sans déranger ce géant aux cheveux blancs qui faisait notre fierté.

Publié dans Livres